[Intro]
Tout va bien.
C'est ce qu'on dit.
Même quand personne
ne pose vraiment la question.
[Couplet 1]
Mon voisin part tôt le matin,
costume propre, sommeil en retard.
Il dit qu'il travaille pour demain,
mais demain travaille déjà quelque part.
Sa fille grandit dans les photos
qu'il regarde entre deux rendez-vous.
Il connaît son agenda par cœur,
mais plus vraiment ce qu'elle aime du tout.
En bas, le café ouvre ses portes.
Même table.
Même homme.
Même journal.
Il dit:
“Avant, on avait moins.”
Puis il regarde son téléphone
et commande encore quelque chose
qu'il n'avait jamais voulu hier.
C'est drôle.
On gagne du confort
et on perd du temps.
Puis on utilise l'argent
pour essayer de racheter les moments.
[Pré-Refrain]
Tout va bien.
Tout va vite.
Tout le monde court.
Personne ne dit
vers quoi.
[Refrain]
TOUT VA BIEN.
TOUT VA BIEN.
ON LE RÉPÈTE
JUSQU'À CE QUE ÇA DEVIENNE VRAI.
TOUT VA BIEN.
REGARDE-NOUS DANSER.
LE CŒUR UN PEU LOIN,
MAIS LE CORPS
SAIT ENCORE BOUGER.
Tout va bien.
Souris un peu.
Ils regardent.
Tout va bien.
Même quand dedans...
ça demande:
“pourquoi?”
[Couplet 2]
Ma mère compte encore les prix
même quand je lui dis:
“Prends ce que tu veux.”
Certaines habitudes viennent du manque
et restent après lui.
Je connais des hommes riches
qui vérifient encore chaque centime.
Et d'autres qui n'ont presque rien
mais donnent avant qu'on leur demande.
Alors c'est quoi, réussir?
Une maison?
Un chiffre?
Un nom?
Ou dormir tranquille
sans avoir peur du prochain téléphone?
Je ne sais pas.
Mais tout le monde répond
comme s'il savait.
C'est peut-être ça
le plus étrange.
On ne sait rien,
mais on présente nos vies
comme des experts.
[Pré-Refrain]
Tout va bien.
Tout va vite.
Tout le monde montre.
Personne ne dit
ce qui manque.
[Refrain]
TOUT VA BIEN.
TOUT VA BIEN.
ON LE RÉPÈTE
JUSQU'À CE QUE ÇA DEVIENNE VRAI.
TOUT VA BIEN.
REGARDE-NOUS DANSER.
LE CŒUR UN PEU LOIN,
MAIS LE CORPS
SAIT ENCORE BOUGER.
Tout va bien.
Souris un peu.
Ils regardent.
Tout va bien.
Même quand dedans...
ça demande:
“pourquoi?”
[Couplet 3]
J'ai un ami
qui poste chaque voyage.
Chaque dîner.
Chaque victoire.
Quand je l'appelle,
il me dit:
“Frère, je suis fatigué.”
Ça n'est jamais dans les images.
Je ne lui reproche pas.
Moi aussi je choisis
ce que les autres peuvent voir.
On montre le champagne.
Pas l'insomnie.
Le départ.
Pas la peur de revenir.
Le sourire.
Pas les cinq minutes avant
où personne ne parlait dans la voiture.
On est devenus très bons
pour documenter la vie.
Peut-être un peu moins
pour la vivre.
Et pourtant...
regarde-nous.
On continue.
On danse.
On travaille.
On tombe amoureux.
On perd des gens.
On recommence.
C'est beau aussi.
Même si c'est imparfait.
[Pont]
[Percussions seules]
Dis-moi...
combien faut-il gagner
pour avoir assez?
[Guitare propre en boucle]
Combien faut-il être aimé
pour arrêter de demander:
“tu m'aimes?”
[Basse revenant doucement]
Combien de portes faut-il ouvrir
avant de comprendre
qu'on ne voulait peut-être
pas entrer?
[Harmonies vocales]
Je ne veux pas arrêter de vouloir.
Je veux juste apprendre
quand respirer.
[Refrain Final]
TOUT VA BIEN.
OU PEUT-ÊTRE PAS.
MAIS POUR UNE FOIS
JE NE VAIS PAS MENTIR SUR ÇA.
TOUT VA BIEN.
JE DANSE QUAND MÊME.
PAS POUR OUBLIER.
JUSTE POUR ME RAPPELER
QUE JE SUIS ENCORE LÀ.
Tout va vite.
Moi aussi.
Mais ce soir...
je laisse passer une minute
sans essayer de la remplir.
TOUT VA BIEN.
PAS PARFAIT.
PAS TERMINÉ.
PAS TOUJOURS FACILE.
Mais vivant.
Et finalement...
c'est déjà beaucoup.
[Outro]
Quelqu'un demande:
“Ça va?”
Je souris.
Puis je réfléchis.
“Ça dépend.”
C'est déjà
plus honnête.