[Intro]
Le dernier bus ferme ses portes.
Je cours.
Trop tard.
Le chauffeur me regarde.
Hausse les épaules.
Et part.
...
Bon.
On rentre à pied.
[Couplet 1]
J'avais prévu
une soirée tranquille,
un verre rapide,
un retour facile.
Maintenant j'suis dehors
avec les lacets défaits,
la ville presque vide
et plus rien de prévu.
Mon téléphone dit:
“Batterie faible.”
Parfait.
Même lui
veut rentrer chez lui.
Je marche.
Un kebab ferme.
Un gars nettoie sa terrasse.
Deux filles rigolent
comme si demain n'existait pas.
Je passe devant une fenêtre
où quelqu'un danse dans sa cuisine.
Et j'me dis:
peut-être que les meilleures nuits
commencent exactement
quand le plan se termine.
[Pré-Refrain]
Pas de taxi.
Pas de batterie.
Pas de problème.
Pour une fois...
je vais voir
où mes pieds m'emmènent.
[Refrain]
JE RENTRE À PIED,
LA VILLE EST À MOI.
PAS PARCE QUE JE LA POSSÈDE,
PARCE QU'ELLE NE ME DEMANDE RIEN.
JE RENTRE À PIED,
ET ÇA ME VA.
J'AVAIS UN PLAN EN SORTANT,
JE L'AI PERDU...
ET J'AIME BIEN ÇA.
Un pas.
Puis deux.
La basse suit derrière.
Je rentre à pied...
mais j'ai plus envie
d'arriver.
[Couplet 2]
Au coin d'une rue
je croise un ancien pote.
On s'était pas parlé
depuis presque deux ans.
Il dit:
“Frère!”
Comme si c'était hier.
Je réponds pareil.
Comme si ça faisait
pas deux ans.
On parle debout
pendant une demi-heure.
De boulot.
De famille.
De gens qu'on connaissait.
Il me dit qu'il va être père.
Je reste bloqué.
Dans ma tête
on avait encore dix-neuf ans.
C'est violent
comme le temps avance
pendant que toi
tu continues à penser
que ta vraie vie
va commencer bientôt.
Il me dit:
“On se voit.”
Je dis:
“Oui.”
Puis je m'arrête.
“Non, attends.
Cette fois vraiment.”
Il sourit.
“Vraiment.”
Et ça...
ça change quelque chose.
[Refrain]
JE RENTRE À PIED,
LA VILLE EST À MOI.
PAS PARCE QUE JE LA POSSÈDE,
PARCE QU'ELLE NE ME DEMANDE RIEN.
JE RENTRE À PIED,
ET ÇA ME VA.
J'AVAIS UN PLAN EN SORTANT,
JE L'AI PERDU...
ET J'AIME BIEN ÇA.
Un pas.
Puis deux.
La basse suit derrière.
Je rentre à pied...
mais j'ai plus envie
d'arriver.
[Couplet 3]
Plus loin
je trouve une pièce par terre.
Pas beaucoup.
Juste assez
pour acheter une bouteille d'eau.
Je rigole.
Comme si l'univers
venait de me faire un virement.
C'est idiot.
Mais ça me met bien.
Je crois qu'on devient trop sérieux
sans s'en rendre compte.
On veut des grands signes.
Des grandes réponses.
Des grandes victoires.
Alors qu'une nuit parfois
c'est juste:
rater un bus,
croiser quelqu'un,
trouver une pièce,
écouter une basse
qui sort d'une voiture,
et rentrer chez toi
un peu différent
sans savoir exactement pourquoi.
[Break]
[Kora seule]
Pas besoin d'un miracle.
[Udu entrant]
Juste un détour.
[Shekere]
Un peu de retard.
[Basse]
Et quelqu'un
que t'avais oublié d'appeler.
[Refrain Final]
JE RENTRE À PIED,
LE JOUR VA BIENTÔT VENIR.
J'AVAIS PASSÉ DES MOIS
À COURIR
ET J'AVAIS OUBLIÉ
COMMENT RALENTIR.
JE RENTRE À PIED,
LES MAINS DANS LES POCHES.
J'AI PAS RÉGLÉ MA VIE,
MAIS ELLE ME PARAÎT
UN PEU MOINS LOIN.
Un pas.
Puis deux.
Pas besoin de destination.
Je rentre à pied...
et pour une fois
j'ai pas envie
d'arriver plus vite
que la chanson.
[Outro]
J'arrive devant chez moi.
Je cherche mes clés.
...
Elles étaient dans ma main.
Depuis dix minutes.
Je rigole tout seul.
Bonne nuit.