[Intro]
Ce soir, j’veux pas trop penser.
Mets-moi quelque chose qui bouge.
Ça fait trop longtemps
que j’écoute ma tête
parler plus fort que moi.
[Refrain]
J’veux retrouver l’envie,
sans devoir tout comprendre.
Que mon corps parte devant
et que ma tête suive après.
J’veux retrouver l’envie,
même si demain tout change.
Ce soir j’ai envie de vivre,
et avec ça...
personne ne m’arrête.
[Couplet 1]
Je sors sans plan,
chemise ouverte,
l’air encore chaud
qui traverse la rue.
Un frère m’appelle:
“T’es où?”
Je réponds:
“Quelque part.”
Ça faisait longtemps
que je sortais plus
sans devoir jouer un rôle.
Pas ce soir.
Ce soir je suis léger.
Pas parce que tout va bien.
J’ai juste compris
qu’attendre d’aller parfaitement bien,
c’est encore une façon
de repousser la vie.
Je marche doucement.
La basse tourne dessous.
Une moto passe.
Des gamins jouent au ballon.
Un couple se dispute.
Un chien répond au quartier.
Et la vie fait son bruit
sans demander la permission.
Moi, ça faisait des mois
que je regardais tout de loin,
comme si le monde avançait
derrière une vitre
et que moi
j’étais resté de l’autre côté.
Pas ce soir.
Ce soir je sors.
Ce soir j’entre.
Ce soir...
je veux être là.
[Post-Refrain]
Eh-eh...
laisse tomber.
Eh-eh...
cherche pas pourquoi.
Parfois on revient vers soi-même
sans même savoir
où on s’était perdu.
[Couplet 2]
J’ai connu des gens
qui avaient presque tout
mais parlaient toujours
comme si la vie leur devait encore quelque chose.
Et j’ai vu celui
qui n’avait presque rien
rire jusqu’à manquer d’air,
partager son dernier morceau
et dire:
“T’inquiète, mon frère.”
Ça m’a changé.
Avant je pensais
que réussir sa vie,
c’était atteindre
un endroit précis.
Maintenant je crois
que c’est aussi savoir
quand arrêter de courir
même s’il reste
encore de la route.
Ma mère me dit:
“Profite un peu.”
Moi je réponds toujours:
“Quand j’aurai le temps.”
Quelle drôle de phrase.
Comme si profiter
était un rendez-vous
qu’il fallait placer
entre deux obligations.
Non.
Aujourd’hui j’ai le temps.
Même pour un instant.
Même si demain
tout redevient compliqué.
[Refrain]
J’veux retrouver l’envie,
sans devoir tout comprendre.
Que mon corps parte devant
et que ma tête suive après.
J’veux retrouver l’envie,
même si demain tout change.
Ce soir j’ai envie de vivre,
et avec ça...
personne ne m’arrête.
[Couplet 3]
Y’a quelqu’un qui danse seul
près du comptoir.
Il s’en fout
de savoir qui le regarde.
J’aime bien ça.
Moi, j’ai passé des années
à faire trop de choses
en pensant d’abord
à ce que les autres allaient en penser.
Quelle fatigue.
S’habiller pour eux.
Parler pour eux.
Vivre une nuit
en pensant déjà
à comment la raconter demain.
Ce soir le téléphone reste rangé.
S’il arrive quelque chose de beau,
ça restera avec moi.
Tous les souvenirs
n’ont pas besoin d’une photo.
Toutes les joies
n’ont pas besoin de témoins.
Et peut-être que cette nuit
ne changera absolument rien.
Tant mieux.
J’ai pas besoin
d’une révolution.
Parfois il suffit
de rentrer chez soi
et de pouvoir se dire:
“Ce soir...
j’étais vraiment là.”
[Pont]
[Talking drums et shakers]
Respire.
[Kalimba]
Cours pas.
[Basse chaude]
Regarde autour.
Il manque peut-être
moins que tu crois.
[Chœurs doux]
Eh-eh...
eh-eh...
La vie revient pas toujours
d’un seul coup.
Elle revient doucement.
Dans une chanson.
Dans un rire.
Dans cette petite envie
de rester encore un peu.
[Refrain Final]
J’veux retrouver l’envie,
et je crois
qu’elle revient déjà.
Je sais pas quand ça a commencé,
mais quelque chose en moi
recommence à bouger.
J’veux retrouver l’envie,
sans me promettre demain.
Ce soir j’ai pas besoin
de réponses.
Ce soir...
j’ai juste besoin
d’avoir envie.
Eh-eh...
que le rythme continue.
Eh-eh...
pas encore.
Si demain le poids revient...
on verra demain.
Mais cette nuit...
cette nuit,
je choisis la vie.
[Outro]
La basse continue.
La rue aussi.
Et moi...
ça faisait longtemps
que non.